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Publié le 11 septembre 2026

Zoo et canicule : trois leviers quand les allées se vident

L'été 2026 a vidé les allées des parcs de plein air aux heures chaudes. Trois leviers pour reprendre la main : la valeur de chaque visite, le calendrier, et l'expérience quand les animaux se cachent.

Zoo et canicule : trois leviers quand les allées se vident

Il a fait trop chaud pour visiter. Et maintenant ?

Un parc animalier vit sur douze semaines. Cet été, plusieurs d'entre elles se sont passées au-dessus de 35 degrés, et les allées se sont vidées entre 12h et 17h. Les responsables de parcs le disent tous de la même manière : la saison a été mauvaise à cause de la chaleur.

Les chiffres confirment l'impression. Le Parc des Oiseaux, dans son bilan annuel, a mesuré des journées caniculaires jusqu'à 60 % en dessous de la fréquentation attendue. Le zoo de La Palmyre a perdu environ la moitié de ses visiteurs pendant la semaine de canicule de juin 2026. Outre-Rhin, la fédération des parcs de loisirs chiffre la perte autour de 20 % pendant les vagues de chaleur de l'été, et le patron du Serengeti-Park a résumé la saison d'une phrase : tout ce qui dépasse 30 degrés est du poison.

Le point qui change tout : ces étés reviendront. La chaleur estivale est devenue une donnée du métier, au même titre que les vacances scolaires. Un site qui dépend de juillet-août pour équilibrer son année dépend d'une variable qu'il subit. La question utile est celle des variables qu'il contrôle encore. Il y en a trois.

1. Ce que vaut chaque visite

Quand le nombre d'entrées baisse, le premier levier est le revenu par visiteur. Le PAL, dans l'Allier, a subi les mêmes températures que tout le monde en 2026 et termine sa saison avec un panier moyen en hausse de 3 %. Ce qui a résisté à la chaleur, c'est ce que les visiteurs présents ont dépensé une fois sur place.

Un guide géolocalisé s'inscrit dans cette logique. Vendu quelques euros au visiteur, il ajoute une ligne de revenu à chaque billet, sans embauche ni matériel, et il augmente le temps passé sur le site. Un visiteur qui suit un parcours d'une heure et demie passe par le point de restauration et la boutique. Un visiteur qui fait le tour en quarante minutes parce qu'il fait trop chaud et que les animaux dorment repart sans s'arrêter.

Les sites qui ont mis en place la vente du guide l'utilisent comme un produit de billetterie à part entière : il est proposé à la caisse, affiché sur les panneaux d'entrée, activé par un code sur le ticket. Sur une saison à volume réduit, c'est le levier le plus rapide à actionner, parce qu'il s'applique aux visiteurs déjà là.

2. Quand la visite a lieu

Le deuxième levier est le calendrier. Un parc de plein air a des mois d'avril, de mai, de juin, de septembre et d'octobre où il fait bon marcher, où les animaux bougent, et où les allées sont vides. Le déficit d'été se rattrape sur ces épaules de saison, à condition de donner aux visiteurs une raison précise d'y venir.

Un guide fait ce travail. Il permet de créer des parcours qui existent pour une période donnée : le parc à l'automne, quand les cervidés brament et que les feuillages changent. Le parc à la tombée du jour, avec un parcours nocturne pendant les soirs d'été, quand la température redescend et que les félins s'activent. Le parc pour les scolaires au printemps, avec un mode jeu qui occupe une classe entière. Chaque parcours est une offre distincte, communicable, datée, qui remplit un créneau que le billet d'entrée standard laisse vide.

Le réseau compte aussi. Un guide publié sur une plateforme partagée avec les destinations voisines est visible par leurs visiteurs, ceux qui séjournent au bord d'un lac ou dans une station thermale et cherchent quoi faire un mardi d'octobre. Le parc apparaît dans leur catalogue, à côté des villages et des châteaux du territoire, hors saison, sans campagne à financer.

3. Ce que le visiteur vit quand les animaux se cachent

Le troisième levier est la visite elle-même, celle qui a lieu quand il fait 34 degrés. Ce jour-là, le lion dort à l'ombre du fond de l'enclos, les loups sont invisibles, le visiteur qui a payé son entrée marche entre des enclos qui ont l'air vides. Il repart déçu, il le dit sur Google, et sa déception coûte au parc bien après la canicule.

Le guide comble ce vide. Devant l'enclos du lion, il montre une vidéo du lion actif, filmée au nourrissage un matin de printemps. Il raconte d'où vient cet animal, comment il est arrivé là, ce que le soigneur observe chez lui. Il donne l'horaire du prochain nourrissage, le seul moment de la journée où l'animal sortira. Le visiteur a vu le lion, il a appris quelque chose, il sait quand revenir devant l'enclos. Il repart avec une visite pleine.

Un parcours conçu pour les jours de chaleur va plus loin. Il guide par les zones ombragées, marque les points d'eau et les brumisateurs, place les enclos les plus exposés le matin et les zones couvertes l'après-midi, et propose une pause à mi-parcours. C'est un service rendu au visiteur, et c'est un argument de communication le jour où le parc annonce qu'il reste ouvert malgré l'alerte canicule.

Ce que le parc apprend au passage

Ces trois leviers produisent une chose que la plupart des sites de plein air n'ont pas : des données sur la visite elle-même. Où vont les visiteurs, combien de temps ils restent devant chaque enclos, quel contenu ils ouvrent, à quelle heure ils décrochent. Un parc qui pilote avec ces données sait, l'été suivant, quels parcours proposer, quels horaires pousser, où placer un point d'eau supplémentaire. Un parc qui pilote à l'estime recommence la même saison.

Par où commencer

Un seul guide suffit pour tester les trois leviers en même temps : un parcours principal, vendu à la caisse, qui contient les vidéos et les récits des animaux, avec une variante d'horaires pour les jours de chaleur. Il se construit en quelques semaines, hors saison, avec les images que le parc possède déjà et les soigneurs comme premiers auteurs. Le printemps suivant, il est en place avant les premières fortes chaleurs.

Le mode d'emploi d'un guide géolocalisé détaille comment il fonctionne et où poser les QR codes pour que les visiteurs le trouvent.

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Sources : Nature et Zoo, « La fréquentation dans les zoos et parcs animaliers en France en 2025 », mars 2026. Orange Actu / AFP, « Dans les zoos, les animaux équipés pour supporter la canicule », 26 juin 2026. Lord Park, « Le PAL vise 700 000 visiteurs en 2026 : bilan positif malgré la canicule », septembre 2026.

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